Envoyer de l’argent à l’étranger semble simple : un IBAN, un montant, un clic. Pourtant, le montant qui arrive réellement sur le compte du bénéficiaire peut être sensiblement inférieur à celui qui a quitté le vôtre. La différence ne vient pas toujours de la commission affichée par votre banque. Elle peut venir d’une banque intermédiaire, de frais de réception, ou d’une marge cachée dans le taux de change.
Ce guide décompose le coût d’un virement international, poste par poste. Il distingue les virements dans la zone SEPA, largement encadrés par le droit européen, et les virements hors SEPA, où la liberté contractuelle est plus grande. Il explique aussi ce que changent les options OUR, SHA et BEN, et les nouvelles règles sur le virement instantané.
Clairnexa est un média d’information : nous ne vendons pas de virements et ne donnons pas de conseil personnalisé. Les montants cités dans les exemples sont fictifs.
Pressé de comparer ? Consultez directement notre sélection de services, puis gardez ce guide sous la main pour vérifier chaque critère.
La réponse en bref
Le coût réel d’un virement international se compose de quatre éléments : la commission d’émission de votre banque, les éventuels frais d’intermédiaires, les frais de réception de la banque du bénéficiaire, et la marge de change si une conversion de devise a lieu. Un virement en euros dans la zone SEPA coûte en principe comme un virement national, et ne subit pas de déduction en chemin lorsqu’il reste dans l’Union européenne. Hors SEPA ou en devise, chaque maillon de la chaîne peut facturer, et le taux de change pèse souvent autant que la commission. Pour comparer, il faut donc regarder le montant final reçu, pas seulement les frais affichés.
SEPA ou hors SEPA : la première question à se poser
Ce qu’est la zone SEPA
SEPA (Single Euro Payments Area, espace unique de paiement en euros) désigne un ensemble de pays qui utilisent les mêmes règles pour les virements et prélèvements en euros. Selon la page de la Banque de France consacrée au virement SEPA, la zone comprend les 27 pays de l’Union européenne, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse, le Royaume-Uni, Andorre, Monaco, Saint-Marin, le Vatican, le Monténégro, l’Albanie, la Moldavie, la Macédoine du Nord et la Serbie.
Deux points à retenir :
- Un virement SEPA est toujours en euros. Un virement en couronnes suédoises vers la Suède, pourtant membre de l’UE, n’est pas un virement SEPA.
- La Banque de France précise que, vers un pays de la zone SEPA qui n’utilise pas l’euro, des frais de change peuvent s’appliquer côté bénéficiaire si son compte est tenu dans une autre monnaie.
Royaume-Uni : une information supplémentaire
La Banque de France indique que, depuis le 1er janvier 2021, les virements vers et depuis le Royaume-Uni doivent comporter l’adresse du payeur. Un ordre incomplet risque d’être retardé ou rejeté.
Ce qu’est un virement international au sens courant
La Banque de France définit le virement international comme un virement vers un compte situé hors de la zone SEPA, souvent dans une devise étrangère. Il transite généralement par le réseau SWIFT, une messagerie interbancaire mondiale, et parfois par une ou plusieurs banques correspondantes : des établissements qui servent de relais entre votre banque et celle du bénéficiaire lorsqu’elles n’ont pas de lien direct.
Dans la pratique, trois situations coexistent, et elles n’obéissent pas aux mêmes règles :
| Situation | Exemple | Cadre principal |
|---|---|---|
| Virement en euros entre deux banques situées dans l’UE | Paris vers Lisbonne, en euros | Règles SEPA + règlement (UE) 2021/1230 + DSP2 |
| Virement dans une autre devise, les deux banques étant dans l’UE | Paris vers Varsovie, en zlotys | DSP2 (en partie) + règlement 2021/1230 pour l’information sur la conversion |
| Virement dont la banque du bénéficiaire est hors UE | Paris vers Montréal, en dollars canadiens | DSP2 seulement pour la partie de l’opération effectuée dans l’UE. Le reste dépend du contrat et des banques étrangères |
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Cette distinction explique pourquoi deux virements du même montant peuvent avoir des coûts et des délais très différents.
Les quatre composantes du coût d’un virement international
1. La commission d’émission
C’est le frais que votre banque facture pour exécuter l’ordre. La Banque de France indique qu’elle peut être forfaitaire ou en pourcentage du montant, et que les frais en pourcentage s’accompagnent souvent d’un minimum de facturation. Le tarif figure dans la plaquette tarifaire et la convention de compte, et varie généralement selon le canal (agence, téléphone, site ou application). La Banque de France signale aussi que quelques établissements ne facturent rien pour un virement international passé en ligne.
Pour les virements SEPA en euros, Service-Public.fr rappelle que, dans la majorité des banques, le virement SEPA en euros est gratuit, au moins en ligne. Le tarif reste fixé par la convention de compte.
Pour savoir lire ces lignes dans une grille tarifaire, voir notre guide sur les frais bancaires.
2. Les frais d’intermédiaires
Hors zone SEPA, le virement international peut passer par une ou plusieurs banques correspondantes. Chacune peut prélever des frais, souvent déduits directement du montant transféré. Vous ne les voyez pas toujours au moment de l’ordre, et ni vous ni votre banque ne pouvez toujours les connaître à l’avance avec précision.
À l’inverse, pour un virement en euros ou dans une autre monnaie d’un État membre, lorsque les deux banques sont situées dans l’UE, l’article 81 de la directive (UE) 2015/2366 (dite DSP2) impose aux banques et à leurs intermédiaires de transférer le montant total, sans prélever de frais sur le montant transféré. Seule exception : la banque du bénéficiaire peut déduire ses propres frais si elle en a convenu avec son client, à condition de les afficher séparément.
Une règle qui ne vaut pas partout
L’interdiction de déduire des frais en chemin (article 81 de la DSP2) ne s’applique ni aux virements dans une devise extérieure à l’UE (dollar, franc CFA, dirham…), ni aux virements dont la banque du bénéficiaire est située hors de l’UE. Dans ces cas, des déductions par des intermédiaires restent possibles.
3. Les frais de réception
La banque du bénéficiaire peut facturer la réception d’un virement international venu de l’étranger. La Banque de France attire l’attention sur un piège fréquent : certaines banques facturent la réception d’un virement international même lorsque l’émetteur a choisi de payer tous les frais d’émission. Choisir l’option OUR (voir plus bas) ne garantit donc pas toujours que le bénéficiaire reçoive le montant exact.
Pour un virement dans l’UE, l’article 62 de la DSP2 pose le principe : chacun paie les frais de sa propre banque. Le bénéficiaire peut donc supporter des frais de réception fixés par sa banque, selon son contrat.
4. La marge de change
C’est souvent le poste le moins visible. Quand vous envoyez des euros et que le bénéficiaire reçoit des dollars, quelqu’un effectue la conversion. Le taux appliqué n’est pas forcément le taux de référence publié : il peut inclure une marge.
La Banque de France l’explique clairement à propos des frais de change : ils « représentent la marge de la banque et sont facturés en plus du cours de change officiel ». Ils prennent généralement la forme d’un pourcentage du montant, et peuvent s’ajouter à une commission de change explicite.
Il existe des taux de référence publics. La Banque centrale européenne publie chaque jour ouvré, vers 16 h (heure d’Europe centrale), des taux de référence de l’euro contre de nombreuses devises. La BCE précise qu’ils sont publiés à titre d’information et déconseille de les utiliser pour des transactions. Ils restent un bon repère pour mesurer l’écart entre le taux qu’on vous propose et le marché. La Banque de France publie également un taux de référence quotidien, rappelle sa page sur les devises étrangères.
La marge de change se mesure simplement :
Écart (en %) = (taux de référence − taux appliqué) ÷ taux de référence
Ce même mécanisme s’applique aux paiements par carte à l’étranger : notre article sur le paiement en devise étrangère détaille les pièges propres à la carte (conversion proposée par le commerçant, retraits…).
Où se cache le coût : synthèse
| Composante | Qui la facture | Visible au moment de l’ordre ? | Encadrement principal |
|---|---|---|---|
| Commission d’émission | Votre banque | Oui (plaquette tarifaire) | Convention de compte. Égalité de prix en euros dans l’UE (règlement 2021/1230) |
| Frais d’intermédiaires | Banques correspondantes | Pas toujours | Interdits de déduction dans l’UE pour les devises de l’Union (art. 81 DSP2). Libres ailleurs |
| Frais de réception | Banque du bénéficiaire | Rarement pour l’émetteur | Contrat du bénéficiaire |
| Marge de change | Banque ou prestataire qui convertit | Variable selon le canal et la devise | Obligation d’information (DSP2, règlement 2021/1230 pour les devises de l’UE) |
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OUR, SHA, BEN : qui paie quoi dans un virement international ?
Lors d’un virement international, votre banque peut vous demander de choisir une option de frais. Ces trois codes, issus de la messagerie SWIFT, sont décrits par la Banque de France :
- OUR : les frais sont à la charge de l’émetteur.
- SHA (shared) : les frais sont partagés, chacun payant ceux de sa banque.
- BEN (beneficiary) : les frais sont à la charge du bénéficiaire, et sont généralement déduits du montant envoyé.
Dans l’Union européenne, le partage est la règle
L’article 62, paragraphe 2, de la DSP2 prévoit que, lorsque les deux banques sont situées dans l’UE (ou que l’unique banque intervenant est dans l’UE), le bénéficiaire paie les frais de sa banque et le payeur paie ceux de la sienne. C’est l’équivalent de l’option SHA.
Ce principe s’applique quelle que soit la devise dès lors que les deux banques sont dans l’UE (article 2, paragraphe 3, de la directive). Concrètement, pour un virement intra-UE, vous n’aurez en principe pas à choisir entre OUR, SHA et BEN.
Hors de l’Union européenne, le choix existe
Lorsque seule votre banque est située dans l’UE, l’article 2, paragraphe 4, de la DSP2 écarte notamment l’article 62, paragraphe 2, et l’article 81. Les options OUR, SHA et BEN retrouvent alors leur sens, et des déductions par les intermédiaires sont possibles.
| Option | Coût pour l’émetteur | Montant reçu par le bénéficiaire | Cas d’usage typique |
|---|---|---|---|
| OUR | Le plus élevé (frais d’émission + frais facturés pour couvrir la chaîne) | Le plus proche du montant envoyé, sous réserve de frais de réception locaux | Payer une facture qui doit être réglée « au centime près » |
| SHA | Frais d’émission seulement | Montant diminué des frais d’intermédiaires et de réception | Usage courant |
| BEN | Le plus faible | Montant diminué de l’ensemble des frais | Rare pour un particulier. À éviter si le montant exact compte |
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OUR ne garantit pas un montant exact
Même avec l’option OUR, la banque du bénéficiaire peut facturer la réception à son propre client, comme le signale la Banque de France. Si un montant précis doit être reçu (loyer, frais de scolarité, facture), vérifiez avec le bénéficiaire les frais que sa banque applique.
Ce que le droit européen encadre
L’égalité de prix pour les virements en euros dans l’UE
Le règlement (UE) 2021/1230, article 3, impose que les frais d’un paiement transfrontalier en euros (banques du payeur et du bénéficiaire situées dans deux États membres différents) soient identiques à ceux d’un paiement national correspondant du même montant. Un virement en euros de Paris vers Berlin ne doit donc pas coûter plus cher, chez votre banque, qu’un virement de Paris vers Lyon passé par le même canal.
Cette règle ne couvre pas les frais de conversion monétaire (article 3, paragraphe 4). Elle ne s’applique pas non plus lorsque la banque du bénéficiaire est hors de l’UE, même si le pays fait partie de la zone SEPA.
L’IBAN suffit, le BIC n’est plus exigé dans l’UE
Pour les virements en euros dans l’UE, le règlement (UE) n° 260/2012 interdit aux banques, depuis le 1er février 2016 pour les opérations transfrontalières, d’exiger de leur client le code BIC de la banque du bénéficiaire (article 5, paragraphe 7). En revanche, le règlement 2021/1230 (article 6) permet à une banque de facturer des frais supplémentaires si vous demandez un paiement transfrontalier sans fournir l’IBAN. Pour un virement international hors SEPA, la Banque de France liste les informations à fournir : nom et adresse du bénéficiaire, IBAN ou numéro de compte, code BIC (ou SWIFT) de sa banque, parfois l’adresse de celle-ci.
La transparence sur la conversion de devise
Plusieurs règles imposent d’informer le client sur le change :
- La DSP2 (article 45) prévoit que la banque communique, le cas échéant, le taux de change réel ou de référence applicable à l’opération, ainsi que tous les frais et leur ventilation.
- Le règlement 2021/1230 (article 5) va plus loin pour les virements en euros ou dans une monnaie d’un État membre comportant une conversion et passés en ligne, sur le site ou l’application de la banque : avant l’opération, la banque doit indiquer de manière claire et neutre les frais estimés de conversion, le montant total estimé dans la devise de votre compte, et le montant estimé que recevra le bénéficiaire dans sa devise. La Banque de France résume cette obligation en indiquant que, depuis avril 2020, les banques doivent afficher le coût total d’un virement transfrontière intra-européen, frais de change compris, avant chaque opération.
Pour un virement international en dollars, en dirhams ou en roupies, l’obligation détaillée de l’article 5 du règlement 2021/1230 ne s’applique pas. L’information générale de la DSP2 sur le taux et les frais reste due pour la partie de l’opération effectuée dans l’UE.
Les délais d’exécution
Pour un virement en euros vers un compte dans l’UE, l’article 83 de la DSP2 impose que les fonds soient crédités sur le compte de la banque du bénéficiaire au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de l’ordre, avec un jour supplémentaire pour un ordre papier. La Banque de France reprend cette règle pour le virement SEPA. Pour d’autres virements intra-UE, la directive permet de convenir d’un délai plus long, sans dépasser quatre jours ouvrables (article 82).
Hors UE, aucun délai européen ne s’impose sur l’ensemble du trajet. La Banque de France indique qu’il faut « en général » compter 4 jours ouvrés pour un virement international, et qu’un ordre passé un week-end ou un jour férié n’est traité qu’à partir du jour ouvré suivant. Le délai a lui-même un coût indirect : si le taux de change évolue entre l’ordre et la conversion, ou si le bénéficiaire attend des fonds à une date précise.
Virement SEPA instantané : ce qui a changé
Le règlement (UE) 2024/886, publié au Journal officiel le 13 mars 2024, a modifié le règlement n° 260/2012 pour généraliser le virement instantané en euros. Ses principales règles :
- Disponibilité : les banques qui proposent des virements doivent proposer à tous leurs clients d’envoyer et de recevoir des virements instantanés en euros, 24 heures sur 24, tous les jours (article 5 bis). Dans la zone euro, la réception devait être possible au plus tard le 9 janvier 2025 et l’envoi au plus tard le 9 octobre 2025. Les établissements de paiement et de monnaie électronique de la zone euro ont jusqu’au 9 avril 2027. Des calendriers plus tardifs (2027) s’appliquent dans les États membres hors zone euro.
- Rapidité : la banque du bénéficiaire doit mettre les fonds à disposition dans un délai de dix secondes à compter de la réception de l’ordre. Faute de confirmation dans ce délai, la banque du payeur doit rétablir immédiatement son compte comme si l’opération n’avait pas eu lieu.
- Prix : les frais d’un virement instantané ne peuvent pas être supérieurs à ceux d’un virement classique d’un type correspondant (article 5 ter), au plus tard le 9 janvier 2025 dans la zone euro. Service-Public.fr le résume : virements classiques et instantanés doivent être tarifés de manière identique.
- Plafond choisi par le client : à votre demande, la banque doit vous permettre de fixer une limite au montant envoyé par virement instantané, par jour ou par opération, à votre seule discrétion.
L’instantané ne règle pas la question du change
Le virement instantané du règlement 2024/886 concerne les virements en euros. Il ne s’applique pas à un envoi en dollars vers les États-Unis. Il supprime surtout le délai et, dans la zone euro, l’écart de prix avec le virement classique.
Un virement instantané est exécuté en quelques secondes : il est donc difficile, voire impossible, de l’arrêter une fois validé. D’où l’importance du contrôle préalable décrit ci-dessous.
La vérification du bénéficiaire (VoP)
Le même règlement 2024/886 a créé un service de vérification du bénéficiaire (Verification of Payee, VoP), obligatoire dans la zone euro depuis le 9 octobre 2025 (article 5 quater). Il s’applique aux virements classiques comme instantanés, quel que soit le canal (application, site, agence), et il est gratuit (article 5 ter).
Avant que vous validiez le virement, votre banque interroge celle du bénéficiaire pour vérifier que le nom saisi correspond au titulaire de l’IBAN. Selon Service-Public.fr et la Banque de France, quatre résultats sont possibles :
| Résultat | Ce qui se passe |
|---|---|
| Correspondance | Le virement peut être exécuté normalement |
| Correspondance partielle | La banque vous affiche le nom associé à l’IBAN. Vous décidez de poursuivre ou non |
| Absence de correspondance | Vous êtes averti avant l’exécution que les fonds risquent d’arriver sur un compte qui n’appartient pas à la personne indiquée |
| Vérification impossible | Par exemple en cas de panne ou si la banque du bénéficiaire ne participe pas. Vous pouvez abandonner ou continuer |
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Le règlement précise que la vérification ne doit pas vous empêcher d’autoriser le virement : vous gardez la décision. Mais il y a une conséquence importante. Une banque qui a correctement fourni ce service n’est pas responsable de l’exécution d’un virement vers un mauvais bénéficiaire sur la base d’un IBAN inexact (article 5 quater, paragraphe 8, renvoyant à l’article 88 de la DSP2). Passer outre une alerte « absence de correspondance » peut donc vous priver d’un recours contre votre banque.
Erreur d’IBAN : un coût potentiellement total
Selon l’article 88 de la DSP2, un virement exécuté conformément à l’IBAN fourni est réputé correctement exécuté. Si l’IBAN est faux, la banque doit seulement faire des efforts raisonnables pour récupérer les fonds, et peut facturer des frais de recouvrement si le contrat-cadre le prévoit. Une erreur de saisie ou un IBAN transmis par un fraudeur peut ainsi coûter bien plus que tous les frais réunis.
Pour un virement international hors UE, ce dispositif européen n’est pas obligatoire pour la banque étrangère : il faut s’attendre à une « vérification impossible » ou à l’absence de vérification, et redoubler de vigilance sur les coordonnées.
Exemples illustratifs de virement international
Les montants ci-dessous sont entièrement fictifs. Ils servent à montrer le mécanisme, pas à décrire le tarif d’un établissement réel.
Exemple illustratif 1 : envoi de 1 000 € convertis en dollars, option SHA
Hypothèses fictives :
- Taux de référence du jour : 1 € = 1,10 USD.
- Taux appliqué par la banque : 1 € = 1,078 USD (soit une marge de 2 %).
- Commission d’émission : 15 €.
- Frais d’une banque intermédiaire, déduits en route : 20 USD.
- Frais de réception de la banque du bénéficiaire : 10 USD.
Calcul :
| Étape | Montant |
|---|---|
| Débité sur votre compte | 1 000 € + 15 € = 1 015 € |
| Converti au taux appliqué | 1 000 × 1,078 = 1 078 USD |
| Après frais d’intermédiaire | 1 078 − 20 = 1 058 USD |
| Reçu par le bénéficiaire | 1 058 − 10 = 1 048 USD |
| Ce qu’aurait donné 1 000 € au taux de référence | 1 100 USD |
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Décomposition du coût total, convertie en euros au taux de référence :
- Commission d’émission : 15 €.
- Marge de change : 22 USD, soit environ 20 €.
- Frais d’intermédiaire et de réception : 30 USD, soit environ 27,30 €.
Coût total : environ 62 €, soit un peu plus de 6 % des 1 015 € débités. Dans cet exemple fictif, la commission affichée ne représente qu’un quart du coût réel.
Exemple illustratif 2 : l’effet du montant
Gardons une commission fictive de 15 € et une marge fictive de 2 %, sans autres frais :
| Montant envoyé | Commission fixe | Marge de change (2 %) | Coût total | Coût en % |
|---|---|---|---|---|
| 200 € | 15 € | 4 € | 19 € | 9,5 % |
| 1 000 € | 15 € | 20 € | 35 € | 3,5 % |
| 5 000 € | 15 € | 100 € | 115 € | 2,3 % |
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Deux enseignements, valables quel que soit le prestataire :
- Sur les petits montants, la commission fixe domine. Multiplier les petits envois coûte cher.
- Sur les gros montants, la marge de change domine. Un écart de quelques dixièmes de point sur le taux pèse plus que la commission.
Exemple illustratif 3 : virement en euros vers un compte en Espagne
Vous envoyez 1 000 € en euros vers un compte espagnol. Les deux banques sont dans l’UE. Votre banque doit appliquer le même tarif que pour un virement national équivalent (règlement 2021/1230), aucun intermédiaire ne peut prélever de frais sur le montant (article 81 de la DSP2), et les fonds doivent arriver au plus tard le jour ouvrable suivant. Le seul frais possible côté bénéficiaire est celui de sa propre banque, s’il est prévu dans son contrat. En virement instantané, le prix ne peut pas dépasser celui du virement classique.
Comment comparer concrètement un virement international
Les questions à poser avant d’envoyer un virement international
- Le virement est-il en euros, et les deux banques sont-elles dans l’UE ? Si oui, la comparaison porte surtout sur le canal (en ligne ou en agence) et sur l’option instantanée.
- Quelle est la commission d’émission, fixe ou proportionnelle, avec quel minimum ? Consultez la plaquette tarifaire et la convention de compte.
- Quel taux de change sera appliqué, et quel est son écart avec le taux de référence du jour ? Demandez le montant estimé en devise que recevra le bénéficiaire.
- Quelle option de frais (OUR, SHA, BEN) est appliquée par défaut pour un virement international hors UE, et combien coûte l’option OUR ?
- La banque du bénéficiaire facture-t-elle la réception ? Seul le bénéficiaire peut le vérifier facilement.
- Quel est le délai annoncé, et le bénéficiaire a-t-il une échéance ?
L’indicateur qui résume tout : le coût total rapporté au montant reçu
Le meilleur indicateur pour comparer deux offres est simple : combien d’unités de devise le bénéficiaire reçoit-il pour 100 € débités de votre compte ? Ce chiffre intègre automatiquement la commission, la marge et les frais déduits. Pour une méthode complète de lecture des grilles, voir comment comparer les frais des néobanques, et notre comparatif pour des données datées et sourcées.
Banque traditionnelle, néobanque ou service de transfert d’argent
Les virements internationaux sont proposés par des banques, des néobanques et des établissements spécialisés (établissements de paiement ou de monnaie électronique). Leurs modèles de tarification diffèrent : certains facturent surtout une commission, d’autres surtout une marge de change, d’autres affichent un taux proche du taux de référence avec une commission explicite. Aucun modèle n’est meilleur dans l’absolu. Tout dépend de la devise, du montant et de la fréquence.
Quel que soit l’acteur, vérifiez qu’il est autorisé à fournir des services de paiement en France. L’ACPR recommande de consulter le registre REGAFI pour les banques, établissements de paiement et de monnaie électronique, ainsi que ses alertes sur les sites frauduleux. Pour un acteur agréé dans un autre pays de l’Espace économique européen et opérant en France, elle conseille de vérifier aussi son statut auprès de l’autorité de son pays d’origine. Sur la sécurité des applications utilisées pour ces envois, voir notre guide sur l’application bancaire mobile.
Virement international : avantages et limites des principales options
| Option | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Virement SEPA classique (euros, UE) | Prix aligné sur le national. Montant intégral transféré. Délai encadré (J+1) | Limité aux euros. Frais de change possibles si le compte du bénéficiaire est dans une autre devise |
| Virement SEPA instantané | Fonds disponibles en quelques secondes, 24 h/24. Prix plafonné à celui du virement classique. Vérification du bénéficiaire | Quasi impossible à arrêter une fois validé. Plafonds éventuels. Euros uniquement |
| Virement international via SWIFT (banque) | Atteint la plupart des pays et devises | Frais d’intermédiaires possibles. Marge de change parfois peu visible. Délai de plusieurs jours |
| Prestataire spécialisé en transferts | Affichage souvent détaillé du taux et du montant reçu | Plafonds, pays et devises couverts variables. Statut réglementaire à vérifier |
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En cas de problème avec un virement international
- Virement bloqué : selon la Banque de France, les causes fréquentes sont des informations manquantes (bénéficiaire, motif, adresse, coordonnées) ou des justificatifs demandés. Votre banque reste votre interlocuteur, même si le blocage vient d’un intermédiaire ou d’une banque hors UE. Pour certains montants ou pays, la banque peut demander le motif de l’opération et des justificatifs.
- Virement non autorisé ou mal exécuté : Service-Public.fr indique qu’il faut le signaler à votre banque dans un délai de 13 mois après le débit si la banque du bénéficiaire est dans l’UE ou l’EEE, et de 70 jours si elle est hors UE/EEE (délai qui peut être porté à 120 jours par contrat). En cas d’échec, le médiateur bancaire peut être saisi.
- Erreur d’IBAN de votre part : la banque n’est pas responsable de l’exécution (article 88 de la DSP2), mais doit faire des efforts raisonnables pour récupérer les fonds et vous transmettre, sur demande écrite, les informations utiles pour engager une action en justice.
Pour une vue d’ensemble des sujets de paiement, consultez notre rubrique néobanques et paiements.
Des services de virement international à comparer
Pour un virement en devise, comparez le coût total rapporté au montant reçu. Demandez à chaque service sa commission et sa marge de change avant d’envoyer les fonds.
Paiements internationaux
Wise
Partenariat commercial actif
- Frais Ouverture et compte sans frais mensuels, carte à 7 €, conversion dès 0,2 %, retraits gratuits jusqu'à 250 €/mois puis 2,69 %, réception SWIFT en EUR 2,39 €. Source : wise.com, vérifié le
- Fonctionnalités Conversion au taux moyen du marché, transferts programmés, service grands montants, paiement par carte gratuit, frais Interest dès 0,26 %/an. Source : wise.com, vérifié le
- Limitations Pas une banque, pas de garantie des dépôts belge. Fonds cantonnés chez des banques et en fonds monétaires. Placements Assets couverts jusqu'à 20 000 € par le fonds estonien. Source : wise.com, vérifié le
Voir les 6 autres critères
- Type de service Compte multidevise proposé par Wise Europe SA, établissement de paiement agréé et supervisé par la Banque nationale de Belgique (BNB), Bruxelles. Source : wise.com, vérifié le
- Pays disponibles Disponible en France. Le contrat personnel Wise Europe SA s'applique aux clients résidant dans l'Espace économique européen. Source : wise.com, vérifié le
- Devises 40 devises détenues et converties, coordonnées bancaires locales dans une vingtaine de devises, carte utilisable dans 49 devises. Source : wise.com, vérifié le
- Services proposés Compte multidevise, carte de débit, transferts internationaux, réception de paiements de l'étranger, placements Interest et Stocks via Wise Assets Europe. Source : wise.com, vérifié le
- Conditions d'accès Personne physique âgée d'au moins 18 ans et résidant dans l'EEE, vérification d'identité en ligne, aucun dépôt minimum publié. Source : wise.com, vérifié le
- Public (particulier / professionnel) Particuliers, avec une offre distincte pour les professionnels (compte Business et contrat dédié). Source : wise.com, vérifié le
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Néobanque / établissement de paiement
Revolut
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- Dépôts d'espèces Dépôt d'espèces non disponible, seul un rechargement via Paysafe est possible à 2,5 % par transaction. Source : revolut.com, vérifié le
- Dépôts de chèques Revolut n'accepte pas les dépôts de chèques. Source : help.revolut.com, vérifié le
- Application mobile Compte géré depuis l'application Revolut, qui affiche les frais avant chaque opération. Source : revolut.com, vérifié le
- Type d'établissement Établissement de crédit lituanien, Revolut Bank UAB, via sa succursale française. Migration prévue vers Revolut Bank S.A. (France) le 2 décembre 2026. Source : revolut.com, vérifié le
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Questions fréquentes
Un virement vers un autre pays de l’Union européenne coûte-t-il plus cher qu’un virement en France ?
Pas s’il est en euros. Le règlement (UE) 2021/1230 impose que les frais d’un paiement transfrontalier en euros dans l’UE soient identiques à ceux d’un paiement national correspondant du même montant, chez la même banque. Cette égalité ne couvre pas les éventuels frais de conversion de devise.
Pourquoi le bénéficiaire a-t-il reçu moins que ce que j’ai envoyé ?
Plusieurs causes sont possibles : frais déduits par une banque intermédiaire, frais de réception facturés par la banque du bénéficiaire, option BEN ou SHA, ou conversion à un taux moins favorable que prévu. Dans l’UE et pour une devise de l’Union, les intermédiaires ne peuvent pas déduire de frais. Seule la banque du bénéficiaire peut le faire si son contrat le prévoit.
Faut-il choisir OUR, SHA ou BEN pour un virement en Europe ?
Pour un virement entre deux banques situées dans l’UE, la DSP2 impose le partage : chacun paie les frais de sa propre banque. Le choix OUR, SHA ou BEN concerne surtout les virements dont la banque du bénéficiaire est hors UE.
Le virement instantané est-il payant ?
Il peut l’être, mais pas plus cher qu’un virement classique d’un type correspondant chez la même banque. Cette règle du règlement (UE) 2024/886 s’applique dans la zone euro depuis le 9 janvier 2025. Si le virement classique en ligne est gratuit dans votre banque, le virement instantané en ligne doit donc l’être aussi.
Puis-je envoyer un virement instantané en dollars ?
Non, pas au sens du règlement européen : le virement instantané obligatoire concerne les virements en euros. Certains prestataires proposent des transferts rapides dans d’autres devises, mais selon leurs propres conditions.
Comment connaître la marge de change appliquée ?
Comparez le taux qui vous est proposé avec le taux de référence publié le même jour par la BCE ou la Banque de France. Pour un virement international en ligne comportant une conversion vers une monnaie de l’UE, votre banque doit vous indiquer avant l’opération les frais estimés de conversion et le montant estimé reçu par le bénéficiaire.
Le code BIC est-il encore nécessaire ?
Pour un virement en euros dans l’UE, votre banque ne peut pas l’exiger : l’IBAN suffit. Pour un virement international hors SEPA, la Banque de France indique qu’il faut fournir le code BIC (ou SWIFT) de la banque du bénéficiaire.
Que se passe-t-il si la vérification du bénéficiaire indique que le nom ne correspond pas ?
Vous êtes averti avant de valider. Vous pouvez corriger, annuler ou poursuivre. Si vous poursuivez malgré l’alerte et que l’IBAN n’appartient pas à la bonne personne, la banque qui a correctement fourni le service n’est pas responsable de l’erreur, ce qui rend la récupération des fonds incertaine.
En résumé
- Le coût d’un virement international combine quatre postes : commission d’émission, frais d’intermédiaires, frais de réception et marge de change.
- En euros entre deux banques de l’UE, le droit européen protège fortement : prix aligné sur le national, montant transféré intégralement, frais partagés, délai d’un jour ouvrable, IBAN suffisant.
- Hors UE ou en devise étrangère, intermédiaires et marge de change peuvent peser lourd. Les options OUR, SHA et BEN prennent alors tout leur sens, sans garantir un montant exact reçu.
- Le virement instantané en euros est disponible en permanence, exécuté en dix secondes au plus, et ne peut pas coûter plus cher qu’un virement classique dans la zone euro.
- La vérification du bénéficiaire est gratuite et obligatoire dans la zone euro depuis le 9 octobre 2025 : une alerte ignorée peut vous priver de recours.
- Pour comparer, retenez un seul indicateur : le montant reçu par le bénéficiaire pour un montant débité donné, et vérifiez le statut réglementaire du prestataire.
Sources et vérification
Informations vérifiées le 2026-10-15. Une erreur ? Signalez-la.
- Banque de France - Le virement international - consulté le 2026-10-15
- Banque de France - Le virement SEPA - consulté le 2026-10-15
- Banque de France - Les devises étrangères - consulté le 2026-10-15
- Service-Public.fr - Virement bancaire (fiche F2384) - consulté le 2026-10-15
- Service-Public.fr - Virements plus sûrs grâce à une nouvelle étape de vérification (actualité A18474) - consulté le 2026-10-15
- EUR-Lex - Règlement (UE) 2024/886 sur les virements instantanés en euros - consulté le 2026-10-15
- EUR-Lex - Règlement (UE) 2021/1230 concernant les paiements transfrontaliers dans l’Union - consulté le 2026-10-15
- EUR-Lex - Directive (UE) 2015/2366 concernant les services de paiement dans le marché intérieur (DSP2) - consulté le 2026-10-15
- EUR-Lex - Règlement (UE) n° 260/2012 (exigences techniques et commerciales des virements et prélèvements en euros) - consulté le 2026-10-15
- Banque de France - Info-SERI n° 333 : service de vérification du bénéficiaire (VoP) - consulté le 2026-10-15
- ACPR - Vérifier si un professionnel est agréé / immatriculé - consulté le 2026-10-15
- Banque centrale européenne - Euro foreign exchange reference rates - consulté le 2026-10-15